Il est des chiffres qui frappent plus fort que de longs discours. Les résultats par circonscription électorale en font incontestablement partie. Sur les 24 circonscriptions que compte le Bénin, seuls deux partis (le Bloc Républicain et l’Union Progressiste le Renouveau) franchissent systématiquement la barre des 20 %. Partout. Sans exception. Une constance presque chirurgicale qui dit, mieux que n’importe quel slogan, ce qu’est un véritable ancrage national. 

Face à cette régularité, le contraste est saisissant. La FCBE et MOELE-Bénin n’atteignent ce seuil dans aucune circonscription. Zéro sur vingt-quatre. Le chiffre est rude, mais éloquent. Il traduit l’effacement progressif de formations autrefois visibles, aujourd’hui reléguées aux marges du jeu politique. En politique, la répétition de l’absence finit toujours par ressembler à une sortie de scène. 

Le cas du parti Les Démocrates, qui se revendique « parti du peuple », mérite une lecture plus nuancée. Le seuil des 20 % est franchi dans onze circonscriptions, mais manqué dans treize autres. Autrement dit, plus de la moitié du territoire lui échappe. Le peuple invoqué existe, certes, mais il demeure géographiquement circonscrit. L’écart entre la rhétorique nationale et la réalité électorale apparaît ici avec une clarté difficilement contestable. 

Au final, cette cartographie électorale rappelle une vérité souvent négligée : on ne devient pas un parti national par proclamation. On le devient par la présence sur le terrain, la cohérence et la durée. Les urnes, implacables mais souveraines, ont rendu leur verdict. Pendant que certains cherchent encore leur espace, d’autres ont manifestement déjà occupé le pays. 

Deo-Grathias Jolidon OUSSOUKPEVI 
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