Le Président américain Donald TRUMP a confirmé lundi avoir invité son homologue russe Vladimir POUTINE à rejoindre un futur « Conseil de la paix », une instance qu’il entend créer sous leadership américain pour œuvrer à la résolution des conflits mondiaux, en concurrence directe avec l’Organisation des Nations unies. 

Selon le Président américain, l’accès à un siège permanent au sein de ce conseil serait conditionné à une contribution financière d’un milliard de dollars. Une annonce qui suscite déjà de vives réactions diplomatiques, tant par son contenu que par la méthode employée. 

Sur le plan géopolitique, cette initiative s’inscrit dans une vision transactionnelle des relations internationales, marque de fabrique de Donald TRUMP. En invitant Vladimir POUTINE, malgré les tensions persistantes autour de l’Ukraine et les sanctions occidentales, le Président américain envoie un signal clair : il privilégie une diplomatie des grands pôles de puissance, fondée sur le rapport de force et la capacité financière, au détriment du multilatéralisme onusien. Ce projet pourrait ainsi consacrer un monde davantage structuré autour de clubs restreints de puissances, affaiblissant les mécanismes universels de régulation. 

Les réactions européennes traduisent une inquiétude face à cette remise en cause de l’ordre international établi. Le refus d’Emmanuel MACRON de rejoindre ce « Conseil de paix » a provoqué une menace immédiate de représailles économiques, Donald TRUMP évoquant des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français. Cette réponse illustre l’usage assumé de l’arme commerciale comme levier diplomatique, brouillant davantage la frontière entre négociation politique et coercition économique. 

Au-delà de l’effet d’annonce, l’initiative de Donald TRUMP pose une question centrale : celle de la légitimité. Peut-on construire une architecture de paix mondiale sur des critères financiers et sous l’autorité d’un seul État ? En cherchant à concurrencer l’ONU plutôt qu’à la réformer, le Président américain prend le risque de fragmenter davantage la gouvernance mondiale. 

Si ce projet reflète une aspiration à plus d’efficacité, il révèle aussi une profonde fracture entre une vision unilatérale du leadership mondial et l’idéal d’un multilatéralisme fondé sur le droit et le consensus. 

A. J. T.
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