En Iran, deux récits accablants, recueillis par des associations de droits humains, révèlent des agressions sexuelles perpétrées par les forces de sécurité contre des civils ordinaires, dans le sillage du soulèvement populaire durement maté. 

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), exilée aux États-Unis, dresse un bilan funèbre : plus de 5 000 morts et 26 852 arrestations, sous le feu de balles réelles et une coupure internet qui isole le pays du monde. Le Réseau des droits humains du Kurdistan (KHRN), sis en France, rapporte un cas effroyable survenu le 30 décembre à Kermanchah, bastion kurde occidental. 

Un adolescent de 16 ans, appréhendé lors d'une manifestation, subit, lors de son transfert vers un centre de détention, une pression anale violente à l'aide d'un bâton, par-dessus ses vêtements. Un adulte interpellé simultanément endure le même supplice. Menacés de mort et roués de coups, les deux hommes recouvrent la liberté après quelques heures, dans un isolement numérique croissant qui rompt tout contact ultérieur. 

À Téhéran, la semaine du 12 janvier, sous le joug du couvre-feu, un autre drame se noue vers 18 heures. Deux agents de l'ordre accostent une mère et sa fille de 21 ans, en route pour des emplettes. Ils dépouillent la jeune femme de ses habits en pleine rue, animés d'une intention de viol manifeste. 

Tétanisée, la mère reçoit cet ultimatum : « Avancez d'un pas, et elle meurt. » La victime, serrant un modeste couteau, enfonce la lame dans la cuisse de l'agresseur, permettant leur fuite précipitée. « Les forfaits perdurent », assure une proche. 

Ces exactions, fragments d'une répression bestiale, interpellent la communauté internationale sur l'ampleur des crimes commis au nom de l'ordre. 

David DOLTAIRE
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