La France s’apprête à franchir un cap décisif dans la régulation du numérique. Une proposition de loi actuellement débattue vise à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans, une mesure présentée comme indispensable face à l’explosion des usages numériques chez les plus jeunes et à leurs conséquences préoccupantes.

À l’origine de ce texte, un constat alarmant : cyberharcèlement, addiction aux écrans, troubles de l’attention, anxiété, exposition à des contenus violents ou inappropriés. Pour les pouvoirs publics, les plateformes numériques jouent désormais un rôle trop central dans la construction psychologique des adolescents, souvent sans garde-fous suffisants.

Si la loi est adoptée, l’interdiction pourrait entrer en vigueur dès la rentrée scolaire 2026. Concrètement, les réseaux sociaux les plus populaires auprès des jeunes comme TikTok, Snapchat ou Instagram pourraient être strictement interdits aux moins de 15 ans. Une liste officielle serait établie par les autorités, en fonction des risques identifiés pour les mineurs.

Toutefois, le texte prévoit aussi une approche différenciée. Certaines plateformes resteraient accessibles uniquement avec l’accord explicite des parents, qui pourraient encadrer les conditions d’utilisation : durée de connexion, plages horaires ou contrôle des contenus.

L’objectif affiché n’est pas de bannir totalement le numérique, mais d’en reprendre le contrôle.

Cette réforme s’inscrit dans une politique plus large de protection des jeunes face aux écrans. Le gouvernement envisage également de renforcer les restrictions sur l’usage du téléphone portable dans les établissements scolaires, y compris au lycée, afin de favoriser la concentration et le bien-être des élèves.

Si la mesure est largement soutenue par de nombreux parents et professionnels de l’enfance, elle ne fait pas l’unanimité.

Certains dénoncent une interdiction difficile à appliquer ou craignent qu’elle ne pousse les adolescents à contourner les règles. D’autres estiment qu’une éducation au numérique serait plus efficace qu’une interdiction pure et simple.

Quoi qu’il en soit, la France pourrait devenir l’un des premiers pays européens à imposer une limite d’âge légale stricte pour l’accès aux réseaux sociaux, ouvrant un débat de fond sur la place du numérique dans la vie des enfants et des adolescents

E. O.
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