Maître Patrick KABOU, Bâtonnier des dix-huit supporters sénégalais placés en détention provisoire à Rabat, alerte l'opinion publique sur des entraves croissantes, constitutives d'atteintes caractérisées aux libertés fondamentales. 

Premier scandale : L'injonction des geôliers marocains, qui astreignent les captifs à n'user que du français dans leurs échanges téléphoniques avec l'extérieur. Cette contrainte, d'une rigidité kafkaïenne, se heurte à l'ignorance quasi unanime de cette langue chez les détenus comme chez leurs familles, pour qui le wolof demeure l'idiome matriciel de l'intimité et du quotidien. 

Résultat : Un abîme infranchissable s'ouvre, occultant aux proches les réalités carcérales – souffrances physiques, traitements infligés, précarité ambiante. L'avocat y décèle une stratégie d'isolement délibéré, privant les victimes de tout recours affectif ou testimonial. 

Au-delà de cette fracture idiomatique, un chaos procédural entrave irrémédiablement la défense. Me KABOU clame n'avoir pu, à ce jour, percer le secret du dossier ni conférer librement avec ses mandants. Pire, ses tentatives d'accès au Tribunal de Première Instance de Rabat se soldent par des refus systématiques, malgré sa qualité d'avocat dûment mandaté. 

Ces obstructions, qui bafouent les principes cardinaux du contradictoire et de la loyauté judiciaire, évoquent un déni d'État de droit. Cette affaire, aux relents discriminatoires, met en exergue les tensions latentes entre le Maroc et l'Afrique de l'Ouest. 

Me KABOU exhorte les autorités sénégalaises à une intervention diplomatique ferme, afin de briser ces chaînes invisibles et de restaurer la primauté du droit international sur les contingences locales. 

Roger DEDOME
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