À quelques semaines de l’élection présidentielle d'avril 2026, un débat récurrent refait surface au Bénin : un Ministre en exercice peut-il briguer la Magistrature suprême tout en conservant ses fonctions gouvernementales ? La question, récemment ravivée à la suite d’échanges publics à Parakou évoquant la candidature de Romuald WADAGNI, alimente les discussions dans les milieux politiques et au sein de l’opinion. 

L’éventualité de voir l’actuel Ministre de l’Économie et des Finances se lancer dans la campagne électorale sans quitter le gouvernement suscite des interrogations sur l’éthique institutionnelle et l’efficacité administrative. Certains observateurs s’interrogent sur la capacité à mener de front responsabilités ministérielles et campagne électorale, dans un contexte où la neutralité de l’action publique demeure un principe central. 

Pour le Porte-parole du Gouvernement, Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI, aucune incompatibilité fondamentale ne s’impose. Gouverner implique déjà la coordination de dossiers stratégiques complexes ; la gestion simultanée d’une fonction exécutive et d’un projet politique relèverait, selon lui, des compétences attendues d’un aspirant à la magistrature suprême. Les partisans de cette position soulignent d’ailleurs que la législation en vigueur ne prescrit pas de démission préalable. 

Ils rappellent également que l’histoire politique nationale offre des précédents notables. Des figures comme Mathieu KÉRÉKOU, Nicéphore SOGLO ou Boni YAYI ont, à différentes périodes, engagé des dynamiques électorales alors qu’ils occupaient encore de hautes fonctions étatiques. Pour leurs soutiens, la légitimité d’une candidature se fonde avant tout sur le respect des textes et la volonté populaire. 

D’autres voix plaident pour une mise en retrait temporaire, estimant qu’une campagne présidentielle exige une disponibilité totale et une séparation claire entre action gouvernementale et stratégie électorale. La crainte d’un usage politique des moyens de l’État nourrit ces réserves. 

En outre des cas individuels, le débat interroge la capacité du système politique béninois à concilier ambition personnelle et exigence de transparence, à l’heure où les attentes citoyennes en matière de responsabilité publique se renforcent. 

E. O.
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