À moins d’un an de la fin du second et dernier quinquennat du président Patrice Talon, l’exécutif béninois opte pour une approche pragmatique : ne pas remplacer systématiquement les ministres sortants, mais redistribuer leurs portefeuilles aux membres déjà en fonction. Une stratégie assumée qui suscite débats et interrogations dans l’opinion publique.

La décision a été reconduite en Conseil des ministres le 18 février 2026, après le départ de deux ministres élus députés. Plutôt que d’intégrer de nouveaux profils pour quelques mois seulement, les responsabilités ont été confiées à des ministres en poste. L’intérim de l’Enseignement Supérieur est ainsi assuré par Benjamin HOUNKPATIN, tandis qu’Alimatou Shadiya ASSOUMAN cumule désormais l’Industrie, le Commerce et le Tourisme avec la Culture et les Arts.

Intervenant le 25 février 2026 à Parakou, le porte-parole du gouvernement, Wilfried HOUNGBEDJI, a défendu ce choix. Selon lui, nommer un nouveau ministre à huit mois ou un an de la fin du mandat poserait un problème d’efficacité. Le temps d’appropriation des dossiers et d’adaptation aux réalités administratives réduirait considérablement l’impact de l’action publique. Pour l’exécutif, l’heure est à la consolidation plutôt qu’à la recomposition. 

Avec 17 ministres pour 21 portefeuilles, le gouvernement fonctionne désormais sur la base du cumul. Une méthode présentée comme un acte de rationalisation des ressources publiques et de continuité administrative.

À quelques mois de la fin du mandat, Talon privilégie ainsi la stabilité et la rapidité d’exécution. Reste à savoir si cette formule permettra de maintenir la dynamique des réformes engagées et de répondre efficacement aux attentes des citoyens jusqu’au terme du quinquennat.

E. O.
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