Dans le cadre d’un procès retentissant devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) au Bénin, le Ministère public a prononcé des réquisitions impitoyables contre un commerçant et deux employés de la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE), impliqués dans une vaste escroquerie à l’électricité. Les agissements, ourdis de longue date au cœur du marché de Kpassè à Ouidah, révèlent une collusion pernicieuse entre un usager et des agents censés veiller à l’intégrité du réseau. 

Selon les informations, le principal inculpé, exploitant un commerce jalonné de boutiques et pourvu de dix-neuf congélateurs voraces en énergie, aurait orchestré un raccordement clandestin directement sur un pylône électrique. Cette astuce lui permettait de puiser abondamment dans le réseau public sans que les compteurs n’enregistrent la moindre trace. Or, ses factures mensuelles, plafonnées à 15.000 FCFA, trahissaient une consommation réelle bien supérieure, défiant toute logique arithmétique. 

L’instruction a mis au jour le rôle pivotal d’un technicien de la SBEE, qui aurait manœuvré l’installation frauduleuse, et de deux releveurs de compteurs, complices passifs ou actifs. L’un d’eux, selon les témoignages, empochait 20.000 FCFA par mois pour occulter les irrégularités. Le commerçant, assumant ses responsabilités à l’audience, a décrit le modus operandi avec une franchise désarmante. 

La SBEE évalue le préjudice à plus de 23 millions de FCFA, fruit d’une spoliation perpétrée sur plus de quatre ans. Le Substitut du Procureur a qualifié cette machination de vol qualifié d’énergie, imputant à l’instigateur une ingénierie criminelle sophistique, au technicien un abus de confiance flagrant, et au premier releveur une entremise décisive. 

Seul le second releveur échappe aux poursuites, le Parquet plaidant sa relaxe et la restitution de sa caution de 500.000 FCFA. Cinq années d’incarcération ferme, assorties d’une amende de deux millions de FCFA chacune, ont été requises contre les trois protagonistes principaux, outre le remboursement intégral des dommages. 

La Cour rendra son verdict mi-mars 2026. 

David DOLTAIRE
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