La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé, le 23 juin dernier, avoir reçu la notification officielle de retrait de Niamey, conformément aux dispositions du Statut de Rome. Ce départ, effectif à partir du 18 juin 2027, marque l’aboutissement d’un processus engagé depuis près d’un an par l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe également le Mali et le Burkina Faso.

Les trois nations du Sahel avaient, en effet, annoncé conjointement leur intention de quitter la CPI en dénonçant avec virulence ce qu’elles considèrent comme un « instrument de répression néocoloniale ». Cette accusation, récurrente sur le continent africain, reproche à la juridiction basée à La Haye de cibler principalement des dirigeants et ressortissants africains, tout en demeurant impuissante face aux crimes perpétrés par les grandes puissances.

Dans un communiqué mesuré mais ferme, la CPI a rappelé que le retrait d’un traité relève du droit souverain des États. L’institution n’en a pas moins exprimé ses regrets, voyant dans cette décision un affaiblissement des efforts internationaux pour lutter contre l’impunité des crimes les plus graves génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Jusqu’à l’entrée en vigueur de son retrait, le Niger demeure néanmoins tenu de coopérer avec la Cour et de respecter ses obligations juridiques antérieures. C'est plutôt une décision lourde de conséquences pour l’avenir de la justice en Afrique de l’Ouest.

Roger DEDOME
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