En marge de la coupe du monde 2026, l’équipe du Sénégal a offert une prestation bien trop insipide pour une nation fraîchement sacrée championne d’Afrique. Ce revers cinglant (3-2) face à la Norvège n’est pas qu’un simple accident de parcours ; il est le révélateur d’un malaise profond qui gangrène la tanière des Lions.

Selon les informations, sur les visages rencontrés à la sortie du stade, l’amertume le disputait à l’incompréhension. « C’est un peu décevant, confiait Souleymane, le maillot encore sur le dos. On espérait gagner pour valider notre ticket, désormais notre destin nous échappe. » Au-delà de la déception sportive, c’est bien la gestion du sélectionneur, Pape Thiaw, qui cristallise le plus de critiques. « Les cadres sont vieillissants et le coach n’a pas osé insuffler la sève nouvelle », assénait le supporteur, pointant du doigt un symbole du naufrage : Kalidou Koulibaly. « Pratiquement tous les buts passent par lui. Il faut rajeunir et vite ! »

Pathé, fou de rage, ne mâchait pas ses mots. « On n’a pas reconnu ce Sénégal champion d’Afrique ! Koulibaly ne devait même pas être dans la liste des 26. Rester des semaines sans jouer et prétendre évoluer à ce niveau relève de l’utopie. » Son ire se portait également sur les choix tactiques du technicien. « Le banc regorgeait de jeunes affamés, à l’image de Pathé Ciss qui a montré tout son abnégation en défense centrale en fin de partie. Pourquoi ne pas les titulariser plus tôt ? »

Mohamed, plus mesuré mais tout aussi lucide, admettait la supériorité norvégienne : « On mérite de perdre, ils ont été meilleurs. » Cependant, il refusait de brûler les icônes du passé. « Il faut remercier Koulibaly, il a tant donné pour ce maillot. Mais ce soir, il a déçu. Le temps est venu d’opérer des choix forts. Pourquoi Iliman Ndiaye, qui brille en Angleterre, est-il laissé sur le banc ? » Il se raccrochait à un mince espoir : « Inchallah, on ira battre l’Irak à Toronto, on sortira les calculatrices et on verra bien. »

Pape, influenceur assidu, ne se berçait plus d’illusions : « On va rentrer à la maison. À moins que le sélectionneur n’ose enfin, lors de ce dernier match, lancer la nouvelle génération. Il faut montrer que le banc recèle d’immenses talents. »

Docteur Thiendella Diagne, venu spécialement du Texas, livrait un diagnostic implacable. « Il fallait titulariser un Ibrahim Mbaye qui, à chaque entrée, dynamite les défenses. Le jeune Mamoudou Sarr en défense était une option crédible. Nous avions notre destin en main, il fallait oser des choix décisifs. »

Désormais, pour espérer une hypothétique qualification comme meilleur troisième, les Lions de la Téranga devront non seulement battre l’Irak, mais aussi compter sur les résultats des autres pelouses. Un chemin de croix pour une équipe qui rêvait de gloire et qui, ce soir, a surtout perdu son identité.

Roger DEDOME
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