La Guinée surclasse désormais toutes les économies africaines en matière d'attractivité pour les capitaux étrangers. Les investissements directs étrangers (IDE) reçus par le pays ont atteint près de 7,2 milliards d'euros en 2025, loin devant le Nigeria (environ 4 milliards de dollars) et la Côte d'Ivoire (environ 2 milliards). Un basculement spectaculaire qui porte la signature d'un seul et même projet : Simandou. 
L'achèvement de la première phase de ce gigantesque complexe ferro-portuaire, mené par Rio TINTO et le consortium Winning Consortium Simandou avec l'appui du groupe chinois Baowu, explique à lui seul l'essentiel de cette envolée. La ligne de chemin de fer traversant le pays est désormais opérationnelle, tout comme le premier quai d'exportation, celui de Winning, qui doit servir les deux opérateurs dès l'an prochain. Rio Tinto achève, de son côté, son propre terminal à Morebayah pour l'exportation du minerai de fer. 
Le fer n'est pas seul en cause : la bauxite, minerai clé de la fabrication de l'aluminium, continue elle aussi d'attirer des flux d'investissement soutenus, les opérateurs du secteur cherchant à accroître leurs capacités de production. 
Les observateurs s'accordent à dire que cette dynamique n'a rien d'un feu de paille. Elle s'inscrit dans le cadre du Programme Simandou 2040, une feuille de route nationale de transformation économique et sociale déployée sur quinze ans, articulée autour de cinq piliers, 36 réformes et plus de 122 projets structurants, pour un volume d'investissement total avoisinant 200 milliards de dollars. Les autorités guinéennes, à travers la voix du Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence, insistent sur la nécessité de transformer cette richesse minière en véritable moteur d'industrialisation, notamment via la conversion des corridors miniers en corridors économiques multi-usages, ouverts au transport de marchandises agricoles et de voyageurs. 
Le Fonds monétaire international anticipe pour la Guinée une croissance largement supérieure à la moyenne de la CEDEAO, elle-même estimée à environ 4,5 %, confirmant que le pays s'installe durablement comme l'une des économies les plus dynamiques d'Afrique de l'Ouest. 
 

E. O.
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