L'affaire prend une tournure embarrassante pour le pouvoir zimbabwéen. Kelsea Tafirenyika, 22 ans, épouse de Collins Mnangagwa — fils du président Emmerson Mnangagwa — a été arrêtée à Harare dans le cadre d'une enquête portant sur des soupçons de trafic de drogue et de blanchiment d'argent.
La jeune femme a été interpellée début août dans sa résidence de Greystone Park, un quartier huppé de la capitale zimbabwéenne. Lors de la perquisition, les policiers auraient découvert près de 200 ampoules de péthidine et de morphine, ainsi que d'autres médicaments soumis à une réglementation stricte. Cinq joints de cannabis auraient également été retrouvés dans son véhicule.
Après une première libération sous caution, malgré les inquiétudes exprimées par les enquêteurs concernant un éventuel risque de fuite, Kelsea Tafirenyika a de nouveau été arrêtée. Cette fois, les investigations portent sur des soupçons de blanchiment d'argent liés à plusieurs véhicules de luxe et à un important patrimoine immobilier, au Zimbabwe mais aussi à Dubaï et en Afrique du Sud.
La jeune femme affirme que ces biens lui auraient été offerts par son mari. La police zimbabwéenne indique de son côté travailler avec Interpol afin d'identifier et, si nécessaire, de saisir des avoirs détenus à l'étranger.
L'affaire s'est encore étendue avec l'interpellation de la mère et de la sœur de Kelsea Tafirenyika, ainsi que d'un autre proche, arrêtés alors qu'ils tentaient de quitter le territoire avec 53 000 dollars en espèces.
Les avocats de Kelsea Tafirenyika dénoncent une procédure qu'ils présentent comme une manœuvre d'« adversaires politiques » destinée à atteindre le chef de l'État. Le dossier intervient pourtant dans un contexte où Emmerson Mnangagwa affiche publiquement une ligne particulièrement ferme contre le trafic de stupéfiants : lors d'un récent congrès de la Zanu-PF, le président avait réaffirmé son soutien à une politique de « tolérance zéro » face à ce fléau.
Kelsea Tafirenyika doit comparaître devant la justice le 1er septembre. Depuis sa détention, elle aurait adressé une lettre au président et à son épouse pour leur demander pardon — une nouvelle étape judiciaire qui pourrait donner davantage de visibilité à une affaire déjà particulièrement sensible pour la présidence zimbabwéenne.
E. O.
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