Le président de l'Assemblée nationale, Joseph Fifamin DJOGBENOU, a franchi une nouvelle étape dans sa réflexion sur l'encadrement de l'intelligence artificielle au Bénin. Après avoir évoqué publiquement la nécessité d'un cadre législatif, il a engagé, ce mardi 8 septembre 2026, de premiers échanges concrets avec des experts du secteur sur les moyens d'y parvenir.

L'origine de cette démarche est particulièrement significative. Tout est parti d'une question posée par l'un des jeunes lauréats du concours « Droits et Devoirs des enfants », lors de l'audience accordée le 28 août dernier aux 35 gagnants de cette compétition. L'enfant avait directement interpellé le président de l'Assemblée nationale sur les risques que l'intelligence artificielle peut représenter pour les jeunes utilisateurs.

Face à cette interpellation, Joseph Fifamin DJOGBENOU avait pris position avec nuance : plutôt que de prôner une interdiction générale des réseaux sociaux, il avait privilégié une approche fondée sur l'éducation et le discernement. Il avait alors invité les jeunes à s'appuyer sur l'éducation reçue de leurs parents comme véritable « boussole » face aux contenus numériques auxquels ils sont exposés au quotidien. Il avait toutefois annoncé, dès ce moment, que des mesures législatives seraient envisagées pour mieux encadrer l'usage de l'intelligence artificielle.

Cette annonce trouve aujourd'hui un prolongement concret et structuré. Le président de l'Assemblée nationale s'est entretenu avec deux figures reconnues du secteur : Frédéric CORNU, CEO d'IMDS, et Anita KOUKOUI MONTASSIER, CEO d'Éthique AI. Les discussions ont porté sur plusieurs volets essentiels : les usages actuels et à venir de l'intelligence artificielle, ses enjeux de gouvernance, ainsi que la nécessité d'un cadre juridique véritablement adapté au contexte et aux réalités béninoises.

Pour Joseph Fifamin DJOGBENOU, l'enjeu est désormais clairement posé : anticiper les mutations technologiques en cours plutôt que de les subir passivement. L'Assemblée nationale, qui poursuit en parallèle sa propre transformation numérique interne, entend ainsi examiner les conditions permettant d'accompagner l'essor de l'intelligence artificielle, tout en veillant scrupuleusement à la protection des citoyens, et plus particulièrement des enfants, premiers concernés par cette réflexion.

De la préoccupation spontanée d'un enfant lors d'une audience symbolique, à l'ouverture d'un véritable chantier de réflexion parlementaire, la question de l'intelligence artificielle s'est ainsi imposée en l'espace de quelques jours seulement à l'agenda institutionnel béninois.

E. O.
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