Le dossier du patrimoine culturel béninois conservé en France connaît une nouvelle évolution. Lors de son entretien avec Emmanuel MACRON, le lundi 5 octobre 2026 à l’Élysée, le Président béninois Romuald WADAGNI a remis la question des restitutions au centre des échanges entre Cotonou et Paris. Le Bénin sollicite notamment la restitution de 35 biens culturels ainsi que de plusieurs archives conservées dans les collections publiques françaises.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans une démarche désormais structurée autour d’un important travail historique, scientifique et juridique. À Cotonou, un Comité scientifique national a été installé en juillet 2026 afin de consolider le dossier béninois et de préparer les prochaines discussions avec la partie française. Présidé par Monsieur Alain GODONOU le comité doit notamment accompagner la création d’une commission scientifique conjointe franco-béninoise et contribuer à l’élaboration des avis destinés à éclairer les futures décisions.
Parmi les pièces concernées figurent des objets particulièrement emblématiques de l’histoire du Bénin. La statue du dieu Gou, associée au fer et à la guerre et liée à l’histoire du royaume du Dahomey, compte notamment parmi les biens réclamés. D’autres pièces, dont un plateau de divination en bois sculpté et le trône du roi Toffa de Porto-Novo, sont également concernées.
Le contexte juridique français a, par ailleurs, évolué. Promulguée le 9 mai 2026, la loi française relative à la restitution de biens culturels ayant fait l’objet d’une appropriation illicite établit désormais un cadre spécifique permettant, sous certaines conditions, la sortie de biens culturels du domaine public français en vue de leur restitution à un État demandeur. Le dispositif prévoit notamment une instruction scientifique des demandes et s’applique également aux dossiers en cours d’examen.
Pour le Bénin, cette nouvelle séquence prolonge une démarche déjà engagée avec le retour, en novembre 2021, de 26 trésors royaux d’Abomey. Cette première restitution avait constitué une étape importante dans la politique de récupération du patrimoine culturel béninois conservé hors du pays.
Avec cette nouvelle requête, Cotonou entend désormais inscrire la restitution dans la durée, en s’appuyant sur l’expertise de ses chercheurs, historiens, spécialistes du patrimoine et juristes.
Au-delà du retour physique des œuvres, l’enjeu touche ainsi à la transmission de la mémoire et à la possibilité, pour les générations actuelles et futures, de renouer directement avec des fragments majeurs de leur histoire. Notons que le processus devrait désormais se poursuivre à travers le dialogue entre les deux États et les travaux scientifiques destinés à établir, pièce par pièce, les conditions permettant d’envisager leur restitution.
David DOLTAIRE
#MediapartBénin, l'information en temps réel

