Le Haut Conseil National du Vodun Hoxo-Sika interdit, depuis le 5 octobre 2026, plusieurs pratiques liées au culte des jumeaux au Bénin. La décision vise à protéger la dignité de cette tradition et à la distinguer des dérives constatées dans l'espace public.

La mendicité au nom des jumeaux est désormais proscrite dans les villes, les villages et les lieux publics du pays. Les collectes dans les marchés sont également concernées : toute demande ou collecte effectuée au nom des jumeaux est interdite dès lors qu'elle n'est pas liée à une prescription rituelle. Le communiqué cible aussi les personnes présentées comme de « fausses mères de jumeaux », qui ne pourront plus circuler pour solliciter des dons au nom des Hoxo.

Les réseaux sociaux sont également dans le viseur du Haut Conseil. Il interdit aux pratiquants, adeptes, dignitaires ou toute autre personne de proposer ou de diffuser des consultations et des rituels liés au culte des jumeaux en ligne. Il entend ainsi préserver le caractère sacré de ces cérémonies, trop souvent détournées à des fins commerciales ou personnelles.

Cette décision s'inscrit dans le processus de structuration des différentes obédiences Vodun. Le Haut Conseil a été constitué en mai 2026 par les dignitaires du culte des jumeaux, sous la présidence de Dah Aké Oundjèglo Kpliguidi. Le 14 septembre dernier, le Comité des Rites Vodun du Bénin avait réuni à Lokossa plus de 600 membres des obédiences Hoxo et Bohuntomè pour une séance d'information et de sensibilisation, préparant ainsi le terrain à cette mesure.

L'objectif affiché est clair : séparer les pratiques cultuelles encadrées des démarches de collecte réalisées à des fins personnelles. En agissant lui-même sur ces abus, le culte des jumeaux montre sa capacité à s'autoréguler et à défendre son image. Cette régulation par les autorités religieuses illustre la volonté de valoriser le patrimoine spirituel béninois tout en luttant contre l'exploitation de la vulnérabilité des populations, notamment des enfants souvent exposés dans la rue.

Pour les adeptes comme pour le grand public, le message est net : le culte des jumeaux mérite le respect et ne saurait servir de prétexte à la mendicité. Il appartient désormais aux dignitaires, aux autorités locales et aux citoyens de veiller ensemble à l'application de cette interdiction, afin que la tradition demeure un héritage vivant et honoré, au service de la cohésion sociale et de la dignité de chacun.

E.O.
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