Face à la propagation de l’épidémie d’Ebola sur le continent, les ministres africains de la Santé ont décidé de ne pas fermer les frontières. Ils privilégient une surveillance renforcée et une coopération accrue entre les pays touchés et leurs voisins. L’annonce a été faite jeudi par le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).

Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion virtuelle de haut niveau, organisée par l’institution pour évaluer la situation épidémiologique et définir une réponse coordonnée. Plus de 40 ministres africains y ont pris part, dans un contexte de progression géographique de l’épidémie liée à la souche Bundibugyo.

Quatre pays sont actuellement touchés : la République démocratique du Congo, l’Ouganda, le Kenya et le Nigeria. Les participants ont convenu de renforcer les dispositifs de préparation dans chaque pays ainsi que la coopération transfrontalière, afin de limiter les risques de nouvelles contaminations. Le maintien des frontières ouvertes s’accompagnera donc d’une surveillance étroite.

Le directeur général de l’Africa CDC, Kaseya, a reconnu la gravité de la situation. S’adressant aux ministres, il a indiqué que les données montrent que le continent n’est pas en train de gagner cette bataille pour le moment. Selon lui, l’épidémie a changé d’échelle en cinq mois : d’une crise nationale, elle est devenue un défi pour la sécurité sanitaire de l’ensemble de l’Afrique.

L’Africa CDC estime que l’insécurité, la complexité des crises humanitaires et le manque de financements compliquent les efforts de riposte. Elle a également alerté sur le risque d’extension de l’épidémie à dix autres pays, dont le Rwanda, la Tanzanie, l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, l’Éthiopie, le Soudan du Sud et la Zambie.

Les pays se sont engagés à coordonner leurs actions et à se préparer collectivement, avec le soutien des partenaires de l’institution. Pour les pays voisins des zones touchées, comme le Bénin, qui partage une frontière avec le Nigeria, la vigilance sanitaire demeure essentielle : dépistage aux points d’entrée, information des populations et coordination entre les services de santé. La priorité reste l’arrêt de la propagation du virus.

E.O.
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