Depuis le lundi 26 octobre 2026, le Bénin dispose de son premier Code de la route. En adoptant la loi n° 2026-18, les députés mettent fin, soixante-dix ans après, au cadre juridique reposant pour l’essentiel sur un arrêté général de 1956. Le texte compte six titres et 122 articles.
Le contexte est préoccupant. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 3 200 personnes perdent la vie chaque année sur les routes du pays, soit près de neuf Béninois chaque jour. Le Centre national de sécurité routière (CNSR) salue une avancée majeure.
Le code érige quatorze comportements graves en délits routiers. Il rend obligatoires le port du casque et de la ceinture de sécurité et interdit l’usage du téléphone au volant. L’assurance moto devient obligatoire, afin de mieux prendre en charge les victimes. La répression de la conduite sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants est accrue, et les procédures sont simplifiées en cas de vol de véhicule.
La mesure la plus visible concerne le trottoir, rendu aux piétons, qui représentent 15 % des tués sur les routes. Toute nouvelle infrastructure devra intégrer des trottoirs, des pistes cyclables et des passages piétons, des espaces qui ne pourront plus être occupés par les commerces.
Le texte rend aussi obligatoire l’éducation à la sécurité routière dès le primaire, les auto-écoles étant mises à contribution pour former les écoliers. Le ministre du Cadre de vie et des Transports, Georges ALE, a voulu couper court aux rumeurs en précisant qu’aucun prix de l’auto-école n’a été fixé dans le code.
Après le vote, une conférence de presse a été animée par le président de la commission des lois, Orden ALLADATIN, le ministre Georges Alé et le directeur général du CNSR, Ariel Sacramento. Selon le député ALLADATIN, des armes ont été données à la police et aux tribunaux pour agir, ce qui n’était pas évident auparavant.
Le code est voté, mais sa mise en œuvre dépendra des décrets d’application, sur lesquels le ministre en charge des transports s’est voulu très rassurant. C’est de leur publication, puis de leur application sur le terrain, que dépendra la baisse du nombre de victimes.
E.O.
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